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 Une question de protocole

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Bleizenn
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MessageSujet: Une question de protocole   Sam 31 Juil - 0:07






  • Le jour se levait à peine. Du haut des arbres de la forêt sombre, quelques éclats du soleil traversaient les failles laissées par les feuilles, parsemant le sol de quelques taches de lumière. Les branches des peupliers s'entremêlaient, et seuls quelques petits espaces ne pouvaient laissés voir le ciel. C'était un ciel encore un peu grisâtre, à ce moment là. La nuit partait alors, avec grande peine, laissant durement place à l'astre du jour. Il n'était que six heures et quarante deux minutes. L'aurore, première source de chaleur et de visibilité, se faisait douce. Le soleil tentait avec peine de percer quelques nuages qui surplombaient les environs. Pourtant, une parfaite harmonie de couleurs chaudes se laissait apercevoir au loin, derrière la montagne, crachant peu à peu un peu plus sur la noirceur pénétrante du ciel. Les troncs d'arbres fortement bien implantés dans le sol semblaient atteindre les cieux, et lentement éclaircis par les rayons perçants leurs feuillages, ils rayonnaient toujours d'avantage, montrant fièrement leur stature magistrale. Une palette de couleur impressionnante ornait le paysage. Allant du dur et ferme marron des maîtres de la forêt, jusqu'aux verts intense et obscur des quelques feuilles volant au vent, ou reposant sur le sol. Un faible alizé se faisait ressentir, emportant avec lui ce qu'il le pouvait. On voyait dans les airs aussi bien de fins bâtonnets de bois mort, qu'un léger nuage de poussière, ou même des insectes volants à la recherche d'endroits où se poser.

  • Bleizenn observait les environs sans vraiment s'en apercevoir, les yeux à moitié clos, le regard perdu. Il venait à peine de se réveiller. Enfin, cela faisait maintenant au moins cinq bonnes minutes qu'il était ainsi posté. Rien à faire, pouvait-il aussi bien fermer les yeux, cela ne changeait rien, si ce n'est le fait qu'il paraissait moins pensif. Après mûre réflexion, et une grande inspiration prise, il se décida alors de prendre son courage à deux pattes, et de ne pas rester plus longtemps aussi passif. Le réveil avait été dur, apparemment, et, se frottant parmi les feuilles recouvrant le sol, bougeant vers la gauche, puis la droite pour prendre de l'élan, il fit bientôt d'un geste vif poser ses pattes avant dans l'herbe jaillissante afin de pouvoir y appuyer la moitié du poids de son corps. Il se releva alors totalement, et s'ébroua afin d'extirper les quelques feuillages et les restes de flore qui s'étaient accrochés sur son poil. L'air en alerte, il fut très attentif à chaque son, et chaque mouvement, et tout changement quelconque de la forêt. Les oreilles penchées vers l'avant, il semblait attendre quelque chose. Mais, rien, le néant. Quelque peu rassuré, il se mit sur ses quatre pattes, et renifla vulgairement le sol. Il releva la tête à nouveau, ayant entendu un craquement de branche. Mais, toujours rien. Bleizenn cherchait ... Un visage semblait-il. Peut-être celui de ce mordu, qu'il attendait depuis un moment déjà, et dont il voulait des nouvelles. Peut-être était-ce l'inquiétude qui le rendait si prudent et aux aguets. Peut-être.

  • Mais l'heure n'était pas aux inquiétudes. Il le savait pertinemment. Aujourd'hui était un jour important pour le Loup, beaucoup plus que quiconque n'aurait pu l'imaginer. C'était un jour de grâce, de joie, Le jour. Le jour qu'il avait tant attendu, le jour où il allait enfin oser. Le jour, qui marquerait l'histoire, certainement. Il allait tenter de mettre en pratique son premier plan pour la mise en place de son règne. Surement était-ce pour cela que le fait de ne pas voir son cher Callum l'attristé quelque peu. Mais pourquoi se laissait submerger par des sentiments négatifs un tel jour de gloire. Bleizenn ne comptait pas rester sur ces pensées très longtemps. Il se ferait un malin plaisir de décrire à son bras droit la scène, et tout ce qu'il se serait passé dans la journée, une fois qu'ils se retrouveront enfin. Peut-être l'avait-il chargé d'une mission trop périlleuse ... Non, il en doutait beaucoup ... Il reviendrait, à coup sûr. Et ils riraient ensemble de toutes ces péripéties qui les attendraient bientôt. Aujourd'hui, il allait voir pour la cinquième fois son frère tant apprécié. Mais cette fois là ne serait certes pas comme les précédentes. Cette fois, il ne se contenterait pas d'écouter passivement les dires du grand Azghar, et de le dévorer du regard, non. Cette fois, il passerait à l'acte, discuterait et marchanderait comme il ne l'avait jamais fait avec lui, il essayerait de connaître d'avantage ses failles, et qui sait, de rencontrer sa petite Emma, sa protégée, s'il lui permettait. Oui ce jour là risquait fort de rester dans leurs mémoires, à tous, et un long moment.

  • Bleizenn, après s'être offert un bon repas, un sourire en coin toujours présent même en le dégustant, se hâta de se faire beau. Du moins comme il le pouvait, il ne faut pas exagérer non plus ... Ne soyez pas trop durs, c'est un Loup que je sache. Un simple coup d'œil dans le reflet de la clairière abandonnée non loin, un petit tour dans le lac afin de se nettoyer le mieux possible et d'enlever les taches de sang ayant marquées son pelage tandis ce qu'il se régalait de son plat, un séchage rapide en s'ébrouant ... Un dernier petit coup d'œil pour vérifier qu'il était présentable, et le voilà fin prêt. Impatient, il traversa la forêt à une vitesse fulgurante. Évitant chaque arbre se retrouvant face à lui, se frayant un chemin sans difficultés apparentes dans la jungle forestière. Le vent sifflait dans ses oreilles, son regard parcourait extrêmement rapidement chaque nouveau point de vue, et angle, et la gueule ouverte, la langue légèrement tirée faisant des vas-et-viens plus ou moins rapides suivant ses inspirations et expirations, il parcourait ainsi les hectares spectaculaires de bois en quelques minutes. Légèrement essoufflé, il se posa un instant sur les derniers mètres de boisement, et déglutit. Ses pieds tremblaient légèrement, mais pas sous le coup de la fatigue, loin de là. C'était une toute autre cause. L'excitation.

  • Après un instant à admirer le paysage, presque inconnu, de roche et de cailloux, parsemé de quelques buissons ou feuillages dont la hauteur n'était pas aussi remarquable que les arbres peuplant ce qu'il considérait comme sa forêt, Bleizenn frôla le territoire de Sa race. Il posa d'abord délicatement une patte arrière, ne lâchant pas des yeux le paysage qu'il pourrait bientôt conquérir, puis se décida faiblement à poser la deuxième. Les premiers pas, sont les plus éprouvants. Bleizenn se voyait rempli de toutes sortes de sentiments forts qui l'envahissaient, comme si cela n'était même plus contrôlable, son esprit se déchirait entre toutes sortes de pensées qui n'étaient pas des moindres, mais celles qui dominaient le plus, restaient l'excitation, la joie, l'honneur, l'envie et l'impatiente. Il ne put s'empêcher de renifler le nouveau territoire qu'il venait de franchir. Les quatre pattes à terre, il s'avança lentement, le museau vers le sol, cherchant à déterminer chaque odeur qu'il sentait. Chaque nouvelle odeur, se devait être déchiffrée. C'est avec une vitesse toujours aussi lente, qu'il gravit sans peine quelques mètres des pieds de la montagne. Bleizenn montait de plus en plus haut, bientôt l'impatience se fit insupportable, et il laissa tomber les odeurs afin de se concentrer sur le chemin, allant à une vitesse plus rapide à présent. Néanmoins pour ne pas éveiller trop de soupçons, ou paraître de chercher les ennuis au clan des Loups, il se voulait montrer un sang froid et un calme à toute épreuve, et une allure tout à fait ordinaire.

  • Repensant alors à son frère, il fut totalement interrompu par une vision d'un être très particulier. Une hybride. Un être à l'apparence d'un humain, en cette douce matinée qui s'annonçait. Une femelle, à la crinière blonde, au regard bleu perçant, au teint pâle. Il n'y avait aucun doute, c'était elle. Emma. Il s'approcha calmement, bien décidé à lui parler. Après avoir prit soin d'examiner les environs, il ne semblait y avoir aucune trace de son père. Très bien, l'histoire en avait voulu ainsi, ainsi soit-il. Il s'attendait à parler à son père, elle ne tombait pas mal non plus. Ce serait avec elle qu'il parlerait en premier.
    * Ma chère, il est possible que tu me facilites bien les choses. *

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Dernière édition par Bleizenn le Dim 23 Jan - 15:35, édité 4 fois
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Emma Links
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MessageSujet: Re: Une question de protocole   Mer 4 Aoû - 21:22


_____À l'aube d'un nouveau jour, quand la lutte entre la lumière et les ténèbres battait son plein et que l'astre incandescent l'emportait sur celui de la nuit, le ciel se teintait joyeusement de couleurs pastels. Dès la première lueur de soleil, les oiseaux s'éveillaient. S'unissant pour, progressivement, former la douce mélopée qu'ils chanteraient jusqu'à ce que le soir reprenne ses droits. En levant les yeux vers l'infini, on pouvait les apercevoir. Là-haut, se laissant bercer au gré d'un vent léger. Libres. Un seul regard ne suffisait pas pour découvrir toutes les merveilles d'un monde en plein éveil. Quelque part dans les bois, un lièvre tendait l'oreille, les sens en alerte, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement tout autour de lui. Ailleurs, dans la ville, les plus courageux commençaient à déambuler dans les rues, à la recherche d'une âme, ou d'un semblant de réconfort matériel pour combler un vide béant qui les avait pris en plein coeur. Ici, dans les montagnes, une douce brise flottait dans l'atmosphère. En course contre elle-même, elle faisait valser chaque parcelle de la nature. Quelques plantes montagnardes, se balançant lentement d'un côté, puis de l'autre, dans un rythme régulier. Un certain nombre de feuilles, voletant dans une danse aérienne. Et les premiers rayons de soleil. Danse abstraite avec l'univers. Quelques gouttes de rosée s'étaient déposées sur le feuillage des rares plantes de la montagne. Telles les larmes de celles-ci, elles tombaient lourdement sur le sol, une à une. Le soleil venait y plonger, les faisant doucement scintiller à la lueur de la matinée naissante. Et parfois, en s'attardant un peu sur les fines gouttelettes, on pouvait distinguer quelques couleurs de l'arc-en-ciel, échantillon de ce qu'était ce spectacle de la nature. Chaque début de journée était une renaissance, dans la nature. Où la plupart des êtres redécouvraient leur environnement avec une pointe d'impatience. Comme si celui-ci aurait pu changer en ce court laps de temps. Ou comme s'ils voulaient vérifier que leurs rêves étaient bel et bien chimères avant d'abandonner l'idée qu'ils soient réalité. Dernier espoir vain avant de constater la vérité.

_____Vues de près comme de loin, les montagnes étaient majestueuses. De larges saillies s'étirant harmonieusement vers le ciel. Tentant de toucher ce dernier demeurant hors d'atteinte. Sur le flanc de certaines d'entre elles, plusieurs anfractuosités venaient troubler l'égalité presque religieuse de ces monuments naturels. Le repère des Loups. Des Originels. Du moins, pour la plupart. Ayant établis leurs tanières en leur sein, les montagnes étaient un point culminant de leur territoire. Presque l'essence même de celui-ci. D'ailleurs, il arrivait souvent que, lorsque l'on jetait un regard dans le coin, l'on aperçoive l'un d'entre eux. Imposante créature pourtant débordante de noblesse. Qui guettait. Ou alors qui était en plein mouvement d'un endroit à un autre. Nombreux étaient ceux, simples Humains, qui jalousaient la liberté que détenaient ces fils et filles de l'astre lunaire. Ce qu'ils ignoraient, c'était que la liberté ne se possédait pas. Elle s'apprivoisait. On s'en éprenait, on se mouvait avec elle, mais on ne s'en saisissait pas. Dans un sens, c'était elle qui s'emparait de nous.

_____Un rayon de soleil vint se frayer un chemin jusqu'aux paupières fines d'Emma, l'incitant doucement à ouvrir les yeux. Seule Hybride des environs, les autres habitant tous dans la ville , elle avait obtenu une place de choix en compagnie des Originels grâce à son père, Azghar. Ils avaient tous deux conscience de l'importance qu'ils avaient l'un pour l'autre. Le lien du sang est l'un des plus forts et le leur était devenu encore plus puissant depuis que la mère de la louve avait succombé au baiser glacé de la mort. Emma parcouru son antre de son regard cobalt. S'il était de la taille parfaite pour qu'un loup de grande taille puisse y dormir, elle, aurait put y placer quelques objets si elle l'avait désiré. Surtout qu'une fois sous sa forme animale, elle était loin d'atteindre les deux mètres que la majorité des Originels possèdaient amplement. Étant avec eux depuis sa tendre enfance, elle s'était malgré tout rapidement habituée à ce qu'elle voyait désormais comme un simple détail. Il lui était d'ailleurs très utile de pouvoir se faufiler en évitant facilement de se faire remarquer lorsqu'elle s'aventurait chez ses ennemis pour les espionner, ce qui était devenu une passion pour elle. En mille ans, elle finirait bien par découvrir des choses nouvelles sur eux. Et qui sait, peut-être que ces connaissances seraient utiles à son clan, un jour. Après avoir étiré chaque muscle de son corps, elle sorti de sa tanière, regardant autour d'elle, alerte. Il n'y avait personne et le soleil commençait à peine à poindre à l'horizon. Un sourire se dessina lentement sur ses lèvres. C'était le moment idéal pour rendre visite à ces chers Vampires. Ne pouvant voir le soleil, ils seraient certainement en train d'entrer dans les ruines, s'ils n'y étaient pas déjà. Il lui suffirait donc de se poster près de celles-ci pour les observer pendant quelques heures. De sa démarche souple, trahissant le fait qu'elle n'avait de l'Humain que l'apparence, elle commença lentement à se diriger vers les falaises, la première étape à franchir avant de se rendre sur les terres vampiriques. Elle passa devant la tanière de William, le bras droit de son père, qui avait pour mission de la former et de la protèger. Y jeta un léger coup d'oeil. Avant de continuer en passant près des lieux de vie de deux autres louves, sans s'y attarder cette fois-ci. Si elle les connaissait, ce n'était que de vue ou de mémoire.

_____Au bout d'un moment, les pics rocheux des falaises furent visibles, faisant regretter sa forme de louve à la jeune femme. À la nuit tombée, tout était si facile.. Elle serait probablement déjà en train de tenter de se trouver un chemin dans ce dédale de pierres si elle n'avait pas le corps d'un humain, à ce moment-là. Tant pis. De toute façon, étant humaine une grande majorité du temps, elle maîtrisait cette forme totalement. Peut-être mieux encore que certains Originels, qui ne la retrouvaient que lorsque la lune était ronde sur son tapis d'étoiles. En balayant l'endroit du regard, elle remarqua un court chemin, un peu moins escarpé, juste au-dessous d'elle. Emma sauta.. Et retomba habilement en plein coeur de celui-ci, les genoux repliés, une main sur le sol. Elle resta là, sans bouger, une fraction de secondes. Clignement d'yeux. Battement de coeur. Avant de se relever. Et de continuer d'un pas régulier.

_____Lorsqu'elle arriva à la fin de la piste, elle avait presque atteint les falaises. Juste droit devant, au sommet de ces dernières, quelques oiseaux s'envolèrent, battant des ailes dans un même mouvement. Alors qu'elle les observaient s'éloigner, une odeur lui parvint aux narines. À la fois totalement inconnue mais vaguement familière.. Étrange. Intriguée, elle ne prit même pas la peine de détailler son environnement, se contentant d'agripper quelques morceaux de pierres pour finalement se rendre à destination. Contrairement à ce dont elle avait l'habitude quand elle quittait le territoire des Loups pour celui des Vampires, elle n'était pas seule avec le vent. Là, devant elle, se tenait un grand loup au pelage foncé. Elle ne l'avait jamais vu, ce qui l'étonna comme elle connaissait la plupart des Originels, par ici. Il venait d'ailleurs, certainement. Les voyageurs étaient rares, mais plusieurs Loups passaient par ici pour retrouver des connaissances, ou pour se rendre vers d'autres contrées. Peut-être était-il l'un d'entre eux. Sans même s'en rendre compte, elle le toisa de haut en bas. Pas dans un geste méprisant, ni pour tenter de le dominer. Seulement dans une curiosité non feinte. Comme l'aurait fait un enfant à sa place, juste avant de bombarder l'inconnu de questions indiscrètes. Cependant, même si elle devait se retenir de faire de même, elle ne pouvait pas rester là, sans un mot. Question de politesse mais surtout, question de logique. Relevant la tête, elle plongea son regard océanique dans l'or en fusion du sien.

    ▬ Bonjour..


_____Un seul mot. Pourtant lourd de plusieurs sens. N'importe qui aurait pu sentir l'intérêt dans la voix cristalline qui avait fendu l'air. Elle voulait savoir. Tout. Qui il était. Ce qu'il était venu faire. Si elle pouvait lui être utile. Elle inspira une grande bouffée d'air. Flairant à nouveau le Loup, cherchant à en savoir plus ainsi. Demeurant sans réponse. Continuant de soutenir son regard malgré tout. Elle se résigna finalement et décida d'attendre. Après tout, ne dit-on pas que le temps fait bien les choses ? Dans le ciel, le soleil progressait rapidement dans sa montée. Déjà, l'infini troquait lentement sa palette de couleurs rosées pour son azur habituel. Les rayons de l'astre venaient se frapper sur la toison d'ébène du Loup et dans les cheveux légèrement ambrés de la jeune Emma. Sa chaleur augmentait en force. D'ici quelques heures, la température estivale se serait installée dans l'atmosphère. Pour l'instant, dans les falaises, le climat était agréable, situé quelque part entre la fraîcheur matinale et la canicule de midi. La brise s'était réduite à une légère caresse, tout juste palpable. Pourtant, aux alentours, le silence flottait, semblable à une large écharpe de brume, intangible. S'agrandissant dès que l'on finissait de parler ou que l'on cessait le moindre mouvement. Même les oiseaux semblaient s'être tus. Comme s'ils retenaient leur souffle. Comme s'ils voulaient savoir, eux aussi.

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« Remember this feeling, how it feels to be alive. Now you see me through my eyes »



Dernière édition par Emma Links le Mar 14 Déc - 5:31, édité 1 fois
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Bleizenn
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MessageSujet: Re: Une question de protocole   Mer 18 Aoû - 23:18

    Spoiler:
     

  • La nature était alors en plein éveil. L'on pouvait admirer tous les détails du paysage avec minutie. Chaque parcelle des environs était éclairée d'un doux rayon orangé de lumière, émanant du pur astre solaire qui faisait son apparition dans le ciel. Le sol était recouvert de couleurs chaudes, parsemant ce qui était de nature moins chaleureuse. Sur l'herbe fraîche toujours légèrement imprégnée d'eau, le dégradé de vert allant du foncé au clair, se voulait moins brutal, et était parsemé ici et là de jaune clair, parfois de rouge brique. Le faible alizé faisait frétiller la nature à son rythme, calmement, et l'on voyait à travers la faible brume une danse des éléments, réveillant doucement toute chose. Les montagnes, peintes d'un bleu clair apaisant, partant dans un bleu plus foncé en leur pied, cachaient encore avec peine le lever du jour. Le soleil, ne se pressant pas de faire surface, illuminait peu à peu la faible couche de neige situé de part et d'autres des montagnes fières, sans se hâter. L'air humide se voulait rafraîchissant, dans un environnement où la température ambiante n'atteignait pas encore des sommets.

  • C'était cet air qu'humait librement le Loup solitaire marchant vers les falaises. L'humidité saisissante imprégnait tout son pelage, arrivant même à caresser sa peau d'une fraîcheur fortement appréciable en ces temps. Bleizenn sentait la pureté envahir ses poumons à chaque respiration, le poussant à se démener toujours plus en courant près des falaises, évitant les roches pointues, les zones trop caillouteuses. Il s'élançait contre le vent, les poils dansant avec lui, suivant ses mouvements. Son pelage aux divers reflets fouettait l'air se délectant de sa douceur. Ainsi, il escaladait la montagne, jusqu'aux dangereuses falaises, où il ralentit le pas. Fier, emporté par une adrénaline hors du commun, il se laissait guider sans peine et sans appréhension dans un territoire qu'il avait eu si peu l'occasion d'enjamber. D'un pas vif, il l'avait déjà parcourut une bonne partie de la zone. Après avoir traversé les pieds des montagnes imposantes, il attaquait les falaises. Se rapprochant plus ou moins dangereusement des tanières, il se devait de moins se presser. A tout moment, il pouvait faire une rencontre nouvelle, et rien ne l'assuré qu'elle ne serait pas mauvaise. Piétinant durement le sol plutôt rocheux, recouvert par endroit d'herbe verte, il huma encore une fois les environs.

  • Une odeur qui lui semblait légèrement familière, parvint à ses narines. Bientôt, une silhouette, au départ étrange, fut visible au loin. Une crinière blonde d'abord, et un pelage bizarre ... marron semblait-il ... Ses pas s'étaient fait plus lents, et il s'avançait toujours vers elle. Peu à peu, la silhouette prenait une réelle allure d'être. Les contours ses discernaient mieux au fur et à mesure, les couleurs se distinguaient avec plus d'aisance elles aussi. Un visage aux traits fins, au teint clair, était entouré de cheveux blonds, assez longs, qui l'encerclaient. Ils paraissaient souples, et certains s'attardaient plus que d'autres sur son front. Ses sourcils, peu épais, surplombaient parfaitement ses yeux en amande. Ceux-ci, étaient d'un bleu profond rappelant celui d'un lac au soleil couché. Une si belle couleur, et si peu ordinaire pour des yeux. Il n'en avait jusqu'à présent jamais vu de tels. Son nez, était tout aussi fin que ses sourcils, et sa petite bouche était composée de jolies lèvres pulpeuses. Elle avait un collier au cou, parsemé à intervalles réguliers de quelques pics. Un autre, argenté, suspendait à son cou. Pour ce qui est du reste de la parure, Bleizenn n'aurait pu la décrire. Pour une humaine, elle se voyait avoir de jolis attributs. Pour une hybride à l'apparence humaine, il pouvait même la trouver belle, attirante, ayant des charmes auxquels beaucoup ne sauraient résister. Et, ce n'était pas dans les habitudes du Loup de penser de telles choses.

  • La jeune hybride, qui l'avait observé sous toutes les coutures d'un air étonné, s'immobilisa. Bleizenn, le regard ne trahissant aucun sentiment quelconque, parfaitement neutre et sérieux, la laissait faire. Malgré l'air curieux et incompréhensif qu'avait pris le visage de la louve, lui, savait pertinemment qui elle était. La fille de son frère, Emma. Elle s'était embellie avec le temps, bien que déjà dès sa naissance, elle n'avait pas cessé d'éblouir les yeux de tous. Sauf peut-être de quelques Originels aux tendances racistes. Un sourire intérieur s'était emparé de Bleizenn, sans pour autant qu'il le laisse paraître. Elle était si petite ... Il avait oublié ce détail d'apparence humaine. Alors qu'elle releva la tête afin de croiser son regard, le Loup laissa apparaître un mince sourire. Il fallait avouer, que ce bleu profond, était presque déstabilisant. Oubliant tout ce qui le préoccupait, Bleizenn ne fit plus attention qu'au moment présent. Moment qui était des plus importants. Après quelques instants à ainsi se dévorer le regard, la louve prit la parole, de sa voix pure transperçant les airs :

    ___▬ Bonjour..

  • Le vent le prévenu de son inspiration. Il l'entendit même. Il ne semblait pas anormal que le Loup ne l'impressionnait pas. Après tout, elle vivait avec ceux de sa race chaque jours. Mais la voir soutenir sans difficultés son regard était quelque chose d'assez troublant. Sachant pertinemment ce qu'elle attendait, et qu'elle ne le laisserait sans doutes pas filer sans plus d'attardement sur sa personne -ce qui ne le dérangeait pas pour autant-, il prit l'initiative de ne pas attendre que d'éventuelles questions parviennent à ses oreilles, du moins, les plus évidentes. Ainsi, il lui faciliterait la tache. S'étant arrêté lui aussi, les deux individus se faisaient face. Le sourire en coin sur la face de Bleizenn n'avait toujours pas disparu. Pourtant, on ne pouvait pas dire que le Loup avait pour habitude de mouver ses "lèvres" dans le but d'afficher un visage ayant une apparence aussi peu agressive. Tous les sens de l'Originel s'étaient totalement éveillés, devant une nature qui paraissait miraculeusement s'être rendormie. Le silence, l'absence de mouvements, avaient-ils été réels, ou était-ce simplement le Loup qui ne pouvait plus voir que le son qui provenait d'Emma, et la mobilité de ses seuls membres ? Tandis que le ciel s'éclaircissait peu à peu, que le vent se faisait toujours faiblement sentir, que les êtres des montagnes bougeaient sous les rochers, ou tapis dans l'herbe, Bleizenn et l'hybride se fixaient toujours. Incroyable ce qu'un regard pouvait être aussi intrigant, puissant, neutralisant.

  • Le Loup fit simplement un geste poli, se penchant la tête en avant afin de la saluer, rompant un instant se croisement des regards.

    ___« Bonjour, Emma. Ravi de te revoir enfin, même si c'est ton père que je pensais trouver. Je suis Bleizenn, cela fait plusieurs hivers que nous ne nous étions pas vu. Navré si ma présence a éveillé en toi quelques méfiances, cela était loin d'être le but de mon arrivée. »

  • Sa voix était plutôt grave, mais se voulait la plus douce possible. Afin de s'excuser, il s'inclina une deuxième fois devant la louve, avant de replonger son regard dans les yeux d'une couleur sans égale d'Emma. Son sourire avait disparu, il se voulait sincère, sérieux, et convaincant. Il s'empêcha de trop la complimenter, ce n'était pas le moment. Autant ses paroles auraient été pleines de réalité, autant, il devait les préserver pour l'instant. Il se contentait d'abuser de son regard totalement bloqué sur elle. Le murmure de l'alizé semblait chantonnait à ses oreilles une mélodie des plus apaisantes. Sa stature droite, alors qu'il s'était lourdement assis sur le sol, le laissait tout de même dépasser largement Emma en hauteur. Sa queue ne frétillait pas, et était posée sur quelques rochers, écrasant quelques feuilles et herbes. C'était son tour d'attendre. Et le temps ne lui paraissait pourtant pas un obstacle face à la vue des yeux perçants de son interlocutrice. Une de ses oreilles frémit un instant, puis son corps se fit toujours aussi alerte qu'avant, guettant la suite des évènements sans appréhension.

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MessageSujet: Re: Une question de protocole   Mer 8 Sep - 4:51


_____Et, lentement, l'astre d'or progressait, comme à tâtons. Comme s'il visait un point précis dans le ciel, sans pour autant arriver à l'atteindre, ou sans être certain de vouloir s'y rendre. Craintif ou hésitant. Appréhendant une routine pourtant répétée depuis le début des temps. Cherchant à fuir le moment où il devrait, à nouveau, battre en retraite face à la lune. Certains voyaient les deux maîtres de l'infini comme des amants déchirés par une passion impossible. D'autres comme des combattants avides de victoire que tout opposait. Mais, en toute chose, lorsqu'il y a deux extrêmes, il y a un juste milieu. Peut-être, qu'au fond, comme haine et amour étaient tous deux des émotions qui pouvaient faire perdre la raison, un mélange des deux n'était pas improbable. D'ici quelques heures, malgré tout, le soleil frôlerait son zénith. Instant où, en quelques souffles légers d'une brise tiède, l'ambiance de la saison chaude reprendrait ses droits. Et, pourtant, à la fin de la journée, il disparaîtrait à nouveau, laissant derrière lui la froideur d'un monde sombre. Une fois de plus. Ronde se répétant. Créant des jours à la fois identiques, à la fois complètement différents.

_____Là, au sommet des falaises, un face à face. Deux êtres. Une âme endurcie depuis que l'on lui a coupé les ailes, douleur devenue haine. L'autre portant la douceur d'une vie bercée de promesses. Deux mondes différents. S'entrecroisant. Hasard ? Destin ? La nuance entre les deux est souvent si faible qu'il est facile de les confondre. Comme s'ils étaient fusionnels. Après tout, notre vie était un mariage entre les deux, même si un univers d'autres choses entraient en compte. Il suffit parfois d'un seul faux pas pour tout faire basculer autour de nous. Comme il suffit parfois d'une maigre branche à laquelle s'accrocher pour ne pas tomber dans un gouffre sans issue. Comme quoi tout ne tient qu'à un fil et qu'un rien peut devenir tout. Un brin de douceur faisant irruption dans une vie de rudesse. Bouffée d'air frais dans le désert. Le temps d'un instant. À l'insu autant de l'un que de l'autre, pourtant. Comme pour chaque rencontre. Le temps viendrait y mettre du sien, les séparant en deux catégories distinctes. Les gens qui seraient là, même pendant la pire des intempéries. Et ceux qui n'auront été que de passage. Puisque, malgré le fait que tout soit éphémère, il y a, en de rares occasions, la possibilité de prolonger cette parcelle de temps.

_____Lorsque l'on jetait un oeil vers la terre ferme, là où le sol était plat et contrastait avec le relief rebelle des chaînes montagneuses, un aperçu de ce que l'oeil d'un oiseau voyait continuellement s'offrait à nous. Les diverses teintes verdâtres des plantes s'alliaient harmonieusement au panel de couleurs des rares fleurs bravant timidement les touffes d'herbes et à la courbe sinueuse des ruisseaux et du grand lac, paisibles. Teintes. Textures. Tout se mélangeait. En faisant abstraction de ce qui les différenciaient. Harmonie universelle. Comme sur un tableau. Sauf qu'ici, tout n'était pas qu'illusion. Il suffisait de tendre l'oreille pour en prendre conscience. De se laisser porter par la musique de l'eau claquant contre les rochers. De s'oublier. De réaliser à quel point nous ne sommes pas seuls dans cet univers. Que nous sommes infimes et que notre seule force vient de notre union avec ce qui nous entoure. Plus loin, beaucoup plus loin, mais pourtant trop près, les bâtiments des humains s'élevaient dans un contraste violent. Comme s'ils étaient coupés du monde. Du haut d'une falaise, ces géants semblaient tenir dans la paume d'une main. Ils n'étaient qu'une tache dans l'horizon. Comme s'il suffisait d'un souffle pour les faire disparaître.

_____Ils restèrent là, un instant. Fraction de secondes. À se jauger mutuellement. Comme si chacun tentait de lire dans l'âme de l'autre, se heurtant à la profondeur de son regard. Et, à la fin, le silence fragile, qui, comme une fine écharpe de brume intangible mais avide d'espace s'était lentement glissé dans l'atmosphère, fut rompu par une voix suave que la jeune Louve n'avait pas entendu depuis plusieurs années, déjà. Même si, lorsque l'on pouvait vivre mille ans, le temps n'avait pas la même allure que lorsque l'on ne possédait qu'une existence filant comme les étoiles.

    ▬ Bonjour, Emma. Ravi de te revoir enfin, même si c'est ton père que je pensais trouver. Je suis Bleizenn, cela fait plusieurs hivers que nous ne nous étions pas vu. Navré si ma présence a éveillé en toi quelques méfiances, cela était loin d'être le but de mon arrivée.

_____Aussitôt, plus par réflexe que par réelle nécessité, Emma se laissa engloutir par ses souvenirs, ne prenant donc pas le temps de relever son mouvement pour la saluer. Avec l'assurance dont un geste répété plusieurs fois est imprégné, elle s'y glissa. Passant à côté de vagues images d'enfances, moments passés avec d'autres jeunes de sa meute. Passant à côté de celui, plus sombre, du dernier jour où elle avait pu voir sa mère. Sans s'y attarder cependant. Il ne servait à rien de se tourmenter avec des évènements qui ne se répéteraient pas ou qui étaient incorrigibles. Il est impossible de revenir dans le passé, de toute façon. Inutile de se faire du mal, certains êtres et certains évènements autour de nous s'en chargeront amplement. Finalement, entre quelques-unes des séances d'entraînements passées avec son père ou le bras droit de ce dernier, et de nombreuses conversations avec certains membres du clan, elle le retrouva. Bleizenn. Si les instants de sa vie où il avait été présent étaient rares, ils avaient cependant réussi à se graver dans sa mémoire. Ils demeuraient clairs, entiers. Comme s'ils dataient de la veille. La demoiselle n'avait jamais réussi à trouver la raison qui le poussait à demeurer distant. Si c'était un choix ou une obligation. Elle était restée longtemps, avec, de lui, rien d'autre que la certitude de son existence et l'espoir qu'il allait bien. Maintenant, la joie de le revoir, d'avoir de ses nouvelles se mêlait l'envie de comprendre. Un sourire se dessina malgré tout sur ses lèvres, son regard souriant avec elle.

    ▬ Bleizenn.

_____Enthousiasme. Surprise. Tiédeur. Réunis en un seul souffle. Contrairement aux rares moments où elle s'obligeait à avoir un ton neutre. Rares moments où, il suffisait cependant de la connaître un peu mieux pour arriver à lire tout ce que ses paroles ne disaient pas dans son regard. Peu savaient le faire et chacun d'entre eux avaient sa confiance. Heureusement pour elle. Ses yeux fuyèrent vers le bas des montagnes tandis qu'elle cherchait à clarifier son esprit avide de réponses, mais revinrent rapidement sur son interlocuteur.

    ▬ Je suis contente de te revoir aussi.

_____Un pas. Puis un deuxième. Elle se rapprocha de lui, doucement. S'arrêtant alors qu'elle commençait à être obligée de lever la tête pour le regarder. Elle choisit de résumer ses interrogations en une phrase, seulement. Cela suffirait. Pour l'instant.

    ▬ Qu'est-ce qui s'est passé pendant tout ce temps ?

_____Si elle possédait encore l'innocence qui lui était propre lorsqu'elle était petite, elle aurait immédiatement émis toutes sortes d'hypothèses mêlant les chimères à la réalité, à la manière, unique, de l'imagination ardente de l'enfance. Ce n'est qu'une fois satisfaite de l'une d'elle qu'elle aurait déclaré fièrement qu'elle savait tout et qu'il était inutile de lui expliquer. Mais, le temps estompe les illusions. Que ce soit en faisant éclater la vérité ou en nous arrachant notre naïveté. Cependant, si le temps fait vieillir, il ne fait pas évoluer. Si le temps est vieillesse, les évènements vécus sont maturité. La faible nuance pouvait parfois faire toute la différence. À présent, Emma se contentait de garder le silence, attendant sa réponse religieusement. Son intérêt naturel pour les autres avait donné à plusieurs l'impression d'être importants. Même si, dans ce cas-ci, si elle lui faisait cet effet, ce ne serait pas qu'une impression. Le Loup représentait quelques parcelles de l'histoire de l'hybride et celle-ci voulait rattraper le temps perdu, enfin le connaître.

_____La bise enjouée du matin se glissa jusqu'à Emma, soulevant quelques mèches de ses cheveux. Apportant avec elle plusieurs effluves du monde tout autour. Des loups en pleine chasse. Quelques humains aux abords de la forêt, chose rare. Des traces de la pollution de leur ville flottaient dans l'air, par endroits, subtilement. Tout juste perceptible pour l'odorat aiguisé des Maîtres de la forêt. Aucune odeur connue n'était perceptible, cependant. Elle ne savait donc pas ce que son père faisait présentement et ne pourrait pas en informer Bleizenn, s'il le lui demandait. Par contre, il était fort probable qu'il soit en compagnie de William, même si ce n'était pas certain. Il ne fallait jamais prendre ses impressions pour des certitudes. Elle avait fini par l'apprendre par elle-même. À ce moment-là, ses yeux cobalt allèrent se poser sur le soleil, qui tardait encore à atteindre sa place dans le ciel. Parfois, quelques oiseaux semblaient voleter vers lui. Comme pour l'aider, pour lui montrer sa voie. Laissant leur chant s'élever vers les cieux, jusqu'à ce qu'il aille frôler ses rayons. Si les loups hurlaient pour la lune, les oiseaux, eux, chantaient pour le soleil. Si, la nuit, au sommet des montagnes, on pouvait voir la silhouette imposante d'un canidé, la tête vers le ciel, élevant sa voix vers l'astre du soir, le jour, en élevant le regard vers l'infini d'azur, on pouvait voir de fines silhouettes, semblables à de simples courbes, se mouvant habilement dans l'air en laissant doucement une mélopée sur leur passage, destinée à l'astre d'or.
    [ Vraiment, vraiment, vraiment ( ... ) désolée pour l'attente, MMG powa T.T Si ya un truc qui convient pas ; MP ~ ]

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MessageSujet: Re: Une question de protocole   Jeu 30 Sep - 17:56




    _____Il était impressionnant de constater à quel point nature et êtres pouvaient être en harmonie. A quel niveau il était juste de se rendre compte que chaque parcelle du monde rayonnait en une autre. Tout aussi impressionnant que de s'apercevoir de la réalité de phénomènes simples, aussi étrangement beaux et merveilleux que l'apparition douce d'un nouveau jour. En de tels instants, le temps peut aussi bien sembler long, que d'une rapidité sans égale, mais en aucun cas il ne paraîtra pénible. C'est lorsque tout est en éveil, que tout semble avoir un sens, une logique. De la ville jusqu'à la forêt, de la forêt à la montagne, tout obéit aux lois de la nature, et prend vie avec elle. Alors que l'on croyait le monde réel dévoré par les songes durant quelques heures, il revient, chaque fois, nous rappeler sa présence. C'est seulement lorsque le monde paraît avoir succombé à la profondeur des ténèbres que la lumière refait surface. On en oublierait la vie, on en oublierait les parfums des lys, la caresse du vent, on en oublierait le toucher des colombes. Même les couleurs n'ont pas lieux d'être lorsque tout semble perdu, que l'issue reste cachée. Et ainsi, uniquement à ce moment là, tout peut reprendre vie, comme se réveillant d'un long sommeil, quittant le bras insistant de la mort assoiffée. Uniquement à ce moment là, l'aube aux doigts de rose peut faire son apparition.



  • Alors que la forêt assombrie luttait toujours pour garder sa fraîche noirceur, les avancées de terre plus reculées semblaient s'élever vers le ciel, en l'attente du soleil levant. Aux pieds des montagnes, des vallées rayonnaient déjà. Caillouteuses, elles n'en étaient pas moins facile d'accès, paisibles, et agréables. Le sol verdoyant se voulait vaste, légèrement humidifié par les perles de rosée, penchants lourdement les brindilles les plus fragiles vers lui. A l'appel du jour, elles répondaient présentes. Illuminant d'avantage les étendues, scintillant, et reflétant les éclats colorés du ciel, la multitude d'infiniment petites gouttelettes d'eau éclaircissait encore un peu plus le paysage. Quelques brindilles d'herbe sauvage venaient prendre appui contre les petits cailloux qui parsemaient les environs, doucement bercées par les sifflements du vent. Se mouvant à l'unisson avec le reste des montagnes, les vallées semblaient danser doucement, annonçant la levée de la nuit. Non loin, une petite rivière serpentait la surface pourtant majoritairement verte, paraissant venir des hautes montagnes. Un flot des plus purs s'y écoulait sans cesse, à petite allure, répandant une mélodie des plus belles pour annoncer l'arrivée de l'astre qui brûle. Le bleuté tant profond du ciel s'étalait fièrement sur l'eau défilant. Des cailloux, plus ou moins gros, avaient logé en son sein, et recevaient parfois quelques fracas de minces vaguelettes contre leur paroi. Leurs pieds, humides, laissaient voir une couleur grisâtre toujours un peu foncée, tandis que le reste de leur masse arborait des couleurs claires. Sur eux, quelques mousses fragiles avaient trouvé refuge, profitant timidement des doux éclats des petites eaux montagneuses, et de la chaleur des rayons perçants du soleil. Agréable à la marche, le sol était assez ferme, mais léger sous le pas.

  • Bien plus loin, à quelques centaines de mètres, se brandissaient les montagnes, dominants le domaine. Rien ne semblait pouvoir leur échapper. De là haut, tout était perceptible. La nature lui chantait sans cesse sa soumission, son admiration, sa joie et sa bienfaisance. Même elle semblait se plier aux règles des majestueuses roches enneigées, qui observaient avec détachement et calme les alentours. En leurs pieds, l'herbe fraîche s'étendait toujours, et venaient s'y ajouter quelques maigres arbres, aux feuilles presque inexistantes. De là, s'élançaient d'abord doucement les falaises, avant de vite devenir abruptes. Déjà, quelques taches blanche étaient visibles, et bientôt, sous les rayons ardents, ne deviendraient plus qu'eau. La fraîcheur se faisait de plus en plus ressentir, ravivée par l'alizé présent. De longues et grandes parois grisâtres paraissaient tiraillées, mutilées par le temps, et les éléments s'étant acharnés contre elles. Malgré la force de leur rage, la montagne n'avait jamais abandonné son encrage sur terre, comme toujours attachée à ses racines anciennes, toujours liée à ce monde obscur, y restant une des seules sources de lumière parmi la nuit, fidèle à ses environs denses de natures et êtres maudits. En son sommet, les nuages l'encerclaient. Cependant, ils se dispersaient, peu à peu, la laissant toucher le ciel sans intervenir. Celui-ci, se réchauffant toujours un peu plus, se purifiant de la même intensité, et s'éclairant autant, illuminé par l'astre gouvernant l'univers. De toute sa hauteur, la montagne était lentement sublimée. Peu, puis de plus en plus, à mesure que le soleil se montrait, doucement mais sûrement, à petits pas, mais pas des moindres.



    _____C'était cet endroit plein de poésie, où semblaient gouverner les esprits les plus sages, qu'Azghar avait choisi il y avait alors plusieurs centaines d'années pour y faire loger sa meute. C'était en cet endroit que Bleizenn naquit, et qu'il y vécut ses premiers jours. Mais c'était aussi de cet endroit qu'il avait été chassé, sans pitié. Comme quoi, la nature subissait les déboires de l'histoire. Cette terre avait été longtemps souillée. Peut-être que le goût amer que ressentait le Loup était dû à cela. Un paysage si beau, mais qui lui semblait si malsain. En tout, partout, il revoyait de ses souvenirs encore vifs. En 1 678 ans, il était certain que l'on avait des choses à se rappeler. Mais, sans qu'il ait à faire un effort, il lui revenait tous en tête, comme invoqués par la vision d'un des paysages les plus emblématiques de sa vie. Le souffle du vent lui murmurait néanmoins des susurrements d'une douceur tant paisible qu'il paraissait vouloir lui voler sa colère, sa douleur. Un air purificateur qui, même si le Loup ne l'aurait jamais avoué, lui faisait grandement du bien. Là, alors qu'il ressentait de tout son être l'humidité environnante, Bleizenn se sentait petit. Comme si le peu qu'il restait de son âme d'enfant tentait de reprendre le dessous, le temps d'un battement de cil. Comme s'il avait toujours redouté ces montagnes. Comme si sa colère était redevenue peine. Mais, cela ne dura donc qu'un seul instant. Ainsi, c'était cet endroit qui subirait le retour du Loup, c'était cet endroit qu'il tenterait de reconquérir, c'était cet endroit, et ses regards, qu'il allait affronter.



    ___▬ Bleizenn.

  • L'attente qu'elle se souvienne, qu'elle se rappelle, qu'elle dise un mot. Se fut tout d'abord son propre prénom qu'il put entendre sortir des parois de ses lèvres. Mais derrière ce simple nom, se cachait une intonation trahissant les émotions de l'hybride. Il ne rajouta rien, pour le moment. Bientôt, alors que le silence paraissait reprendre sa place d'origine, aussi pesant était-il, il l'aperçut détourner son regard vers les montagnes majestueuses quelques instants. L'arrivée du Loup était probablement perturbatrice pour la louve à apparence de jeune femme. Cependant, Bleizenn se doutait du choc que cela pouvait créer sur ceux qu'ils verraient dans ses lieux. Il savait. Il n'y avait pas trop réfléchit, n'avait pas vraiment cherché à anticiper, mais il reconnaissait clairement pour être un élément perturbateur. Les yeux d'Emma revinrent se poser sur lui, alors qu'elle s'apprêtait à reprendre la parole, ayant certainement dû chercher comment peser ses mots. Ou simplement quoi lui dire.

    ___▬ Je suis contente de te revoir aussi.

  • Le Loup sentit un frisson parcourir son pelage, à cette ouïe. Excitation, adrénaline, ... froid ? Il n'en resta pas moins immobile, tentant de se contrôler. A ses dires, se joignirent ses pas. S'avançant, peu à peu, calmement, elle se rapprochait avec douceur du Loup. Bientôt, elle dut lever la tête pour faire face à l'instance du regard du Loup. C'était ce moment là qu'elle choisit pour s'arrêter. D'abord, Bleizenn ne bougea pas d'un poil, et Dieu seul sait combien il en avait, la fixant toujours, sans mouvement. Puis, afin de pouvoir plus aisément l'observer avec attention, il quitta sa stature droite et fière, et baissa légèrement son museau vers l'avant. Emma n'en avait pas fini. Il le sentait. Et alors que s'était encore une fois réinstaurée la mélodie peu bruyante des éléments, elle brisa à nouveau ce calme, le cœur apparemment plein d'interrogations.

    ___▬ Qu'est-ce qui s'est passé pendant tout ce temps ?

  • Que pouvait-il lui dire, alors qu'elle attendait silencieusement une réponse ?

    ___« Tant de choses, mais toutes aussi inintéressantes les unes que les autres. De plus, il est probable que ce ne soit ni l'endroit ni le moment pour parler de tout ceci, qu'en dis-tu ? Néanmoins, il me ferait grand plaisir d'apprendre si tu vas bien. J'aimerais savoir ce que tu as pu faire durant tout ce temps, que tu me contes, m'expliques. Emma, je dois t'avouer que ne pas te connaître d'avantage me peine, et il est toujours agréable d'entendre une jolie louve parler. »


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MessageSujet: Re: Une question de protocole   Lun 31 Jan - 6:21


_____Un ciel embrasé dans une myriade de couleurs. Au fond, le monde n'était beau qu'à son commencement. Ce matin-là, un inconnu, étranger aux contrées se trouvant au-dessous des montagnes n'aurait jamais pu se douter qu'il se trouvait sur des terres souillées par la guerre. À cet endroit où l'on se blessait l'âme à coups de haine envers les autres. Il aurait probablement levé les yeux vers le ciel, jetant à celui-ci un regard teinté d'étoiles. Émerveillement. Puis, il serait reparti, gardant ce souvenir près de son coeur. Sans se douter de ce qui se cachait derrière les parures du matin. Sans se douter qu'un monde chamboulé se trouvait devant ses yeux, il y avait à peine quelques instants.

_____Comme dans le dernier effort de celui qui n'en peut plus d'être sans cesse piétiné, l'astre d'or étendit ses rayons. En un seul mouvement, une rapide étincelle de lumière. Il suffit parfois d'un simple détail pour trouver la force de continuer. Tout dépend de notre ardeur à s'y accrocher. Lentement, le halo orangé commença à se propager le long du paysage sauvage. Illuminant peu à peu la sylve en éveil, caressant le flanc des montagnes, se reflétant dans les lacs et les rivières. Le jour prenait finalement place, toujours dans son même rythme engourdi. Douceur matinale. Le souffle du vent se glissa en un vague murmure entre les feuilles, se faufila à travers les hautes herbes. Comme s'il intimait délicatement au monde de s'éveiller entièrement. Enfant sauvage, il ne fut plus qu'un léger soupir avant même que la nature ne se mette à suivre ses mouvements. Que, délicatement, elle ne commence à sortir de sa torpeur. Que les derniers êtres de la nuit ne s'engouffrent dans les ténèbres de leurs rêves. Que les quelques gouttes de rosée restantes ne s'évaporent progressivement vers le ciel, qui, peu a peu, avait perdu ses couleurs multiples pour reprendre sa profondeur monochrome. Un bleu azur, aux teintes variées, où les regards aimaient se perdre. Presque sans nuages, excepté quelques traînées de brume. Rares, cependant, voir à peine visibles par endroits. Sauf si l'on prenait la peine de s'attarder sur cet univers bleuté. Par moments, un rapide mouvement venait troubler la quiétude de l'infini d'azur, semblable à un vif éclat de couleur. Le vague passage d'un être aux ailes le libérant de toutes frontières. En jetant un oeil tout en bas, nous avions l'impression de tomber dans le milieu même d'un monde grouillant de vie, où tout était relié pour ne faire qu'harmonie. Du haut des montagnes, cependant, à première vue, il n'y avait rien d'autre que le firmament. Comme si, une fois les sommets atteints, il ne suffisait que d'un regard pour se rendre compte que les limites n'étaient qu'illusions créées pour que l'on ne devienne pas totalement fou par l'envie d'être libre. Pour que l'on se dise que puisque c'est impossible, il est inutile d'essayer. Et, que finalement, l'on finisse par croire que les rêves ne sont, comme les licornes roses, réalité que dans les contes de fées.

_____C'est ainsi que, doucement, l'astre du jour commença à achever son ascension. D'abord visible de moitié, puis, grandissant peu à peu, prenant progressivement l'apparence de la boule de feu connue de tous. Que, tout aussi délicatement, les chimères de la nuit passée s'évaporèrent, ne devenant bientôt plus qu'un vague souvenir. Soulagement ou regrets, tout était question de perception. De quel monde semblait le mieux, selon notre jugement. Entre ces deux dimensions séparées d'un simple mouvement de paupières, accompagné d'une légère dose d'imagination et du poids d'une vitalité éphémère. Même s'il ne fallait pas oublier, que tôt ou tard, la réalité finissait toujours par reprendre ses droits, que l'on le veuille ou non. Puisque c'était elle qui dominait tout. Et que le reste était fiction. Mensonge. Alors que chacun sait parfaitement que la vérité revient à un moment ou à un autre, peu importe avec combien de fils d'or factices l'on embellit son mirage. Peu importe les précautions que l'on emploie. Simple fatalité.

_____Emma esquissa un léger sourire lorsque Bleizenn baissa la tête, comme pour inciter les regards à continuer de se croiser, sans se séparer. À côté du grand Loup, l'hybride paraissait fragile. Si fragile que l'on aurait pu avoir envie de la protéger de tout mal extérieur. Sans oser. Par peur de la blesser nous-même. Pourtant, elle était loin d'être vulnérable, avec l'expérience qu'elle avait. D'autant plus qu'elle se sentait, qu'elle se savait en sécurité en présence de l'Originel.

    ▬ Tant de choses, mais toutes aussi inintéressantes les unes que les autres. De plus, il est probable que ce ne soit ni l'endroit ni le moment pour parler de tout ceci, qu'en dis-tu ? Néanmoins, il me ferait grand plaisir d'apprendre si tu vas bien. J'aimerais savoir ce que tu as pu faire durant tout ce temps, que tu me contes, m'expliques. Emma, je dois t'avouer que ne pas te connaître d'avantage me peine, et il est toujours agréable d'entendre une jolie louve parler.


_____Son sourire s'agrandit aux paroles du Loup. Plusieurs événements défilèrent rapidement dans son esprit, les uns après les autres. La Louve faisant vaguement un tri de ce qui était intéressant, marquant et de ce qui ne l'était pas. La guerre entre Loups et Vampires. Des humains qui avaient fini par prendre part à ces hostilités vieilles de plusieurs années, joignant une toute autre haine à celle, ancestrale, de deux races que tout semble opposer. Une haine si ancestrale que si désormais on continuait de l'alimenter, c'était surtout par habitude, ou simplement par rancoeur. Une rancoeur causée, cependant, par des évènements qui n'auraient jamais eu lieu si la guerre n'avait pas existé avant qu'ils ne se produisent. Ironiquement, c'était la haine qui engendrait la haine. Ce qui voulait dire que plusieurs générations encore allaient vivre sous la poussière des combats. Que nombreux seraient ceux qui, comme Emma, allaient apprendre que souvent, savoir se défendre était le seul moyen de survivre. La jeune Louve se remémora ses heures d'entraînement, paraissant parfois courtes, parfois plus longues. Elles se faisaient rares ces derniers jours. Probablement qu'Azghar et William étaient trop occupés. Même si elle ne savait pas ce qu'ils prévoyaient, exactement, puisqu'elle ne les avait pas croisés beaucoup. À l'exception de la dernière pleine lune, où elle était allée en ville avec son père. Finalement, les divers moments passés se résumèrent en quelques phrases. Emma descella doucement ses lèvres.

    ▬ Je vais bien. Même si un monde en temps de guerre est toujours épuisant. Pendant toutes ces années, Azghar et William ont fait de leur mieux pour m'y préparer. J'ai passé une grande partie de mon temps à suivre leurs enseignements.


_____Elle marqua une pause. Observant sa réaction tout en se donnant quelques secondes pour trouver ce qu'elle lui dirait ensuite. Elle enchaîna avant même que le silence n'ait le temps de s'installer.

    ▬ J'ai plus de temps pour moi en ce moment. Ils sont occupés, je crois. J'en profite souvent pour explorer la ville.


_____Elle n'aborda pas le sujet de ses excursions près du territoire ennemi, où elle espionnait parfois les Vampires, tout près des ruines. Pour le moment. La jeune femme était convaincue qu'elle aurait pu lui dire sans se mettre en danger. Une intuition. Mais, c'était encore trop tôt pour l'instant. Et puis, ils avaient plusieurs décennies à rattraper, alors autant ne pas s'engager sur des sujets qui, la plupart du temps, risquaient de devenir aussi explosifs que des cadeaux empoisonnés. Emma laissa ses yeux océaniques se noyer dans l'or en fusion du regard de Bleizenn le temps d'un battement de coeur avant d'adopter un air espiègle. Elle ignorait s'il savait ce qui se passait actuellement du côté de ce qui touchait tout un chacun de près ou de loin. Mais, elle n'aborderait pas le sujet. Il se chargerait de le faire, s'il en avait besoin, de toute façon. Maintenant, ce qu'elle voulait, c'était de commencer à tenter de rattraper le temps perdu. Elle avait encore un demi-siècle devant elle. Ce serait bien suffisant. Doucement, elle recula d'un pas. Un seul. Avant de s'éloigner doucement, frôlant le Loup au passage, comme pour le pousser à la suivre, gardant le silence le temps de faire quelques enjambées. Elle se retourna finalement, lui faisant à nouveau face.

    ▬ Je connais un endroit tout près qui te donnera un apperçu du Monde..



_____Sans ajouter un mot de plus, laissant planer ceux prononcés dans l'air frais du matin comme pour leur donner une touche de mystère, Emma continua d'avancer. Bientôt, elle s'engagea dans un vague tracé de pierres. Irrégulier. Mais assez simple pour que même un humain, avec un peu d'efforts, arrive à s'y aventurer. Étonnamment, il était arrivé là au tout début des temps, selon la volonté de l'univers. On dit parfois que la nature fait bien les choses. Comme si elle avait su, qu'un jour, une meute entière de Loups allaient s'installer dans ces montagnes, près de ces falaises. Et qu'elle s'y était préparée. Après tout, les maîtres de la forêt étaient, en quelque sorte, ses enfants. Des trois races présentes dans nos contrées, c'était eux qui jouaient avec le vent et courtisaient la Lune. Car ils étaient tout aussi indomptables, aussi libres que ceux-ci.

_____Une fois arrivée devant un grand promontoire de pierre, elle s'arrêta d'un seul mouvement. Son regard couru quelques instants le long de ce prolongement de la falaise. Au sommet, il y avait un plateau, plus petit que celui sur lequel elle et Bleizenn se trouvaient, mais qui serait malgré tout assez grand pour eux deux. Si cet endroit attirait tant l'attention d'Emma, c'est qu'elle savait qu'une fois que l'on s'y trouvait, le monde s'étalait à nos pieds. Comme si on le dominait. Comme s'il suffisait d'un pas pour tout le traverser. Et qu'ainsi devant nous, la ville et ses environs se dévoilaient sous un tout nouvel angle. Tout devenait impressionnant. Il suffisait de laisser ses orbes se balader librement et l'on pouvait parcourir le territoire en entier, si l'on faisait abstraction des quelques endroits qui demeuraient dans l'ombre, puisqu'ils étaient trop lointains. Le sommet était facile à atteindre. Il suffisait de contourner quelques obstacles, mais l'inclinaison de la saillie rocheuse était suffisante pour que se hisser jusqu'à la plate-forme ne soit pas trop ardu. Pour des Loups, du moins.

_____L'Hybride s'avança, commençant sa montée avec l'assurance des gestes répétés, offrant son regard et son sourire à Bleizenn avant de se retrouver dos à lui. Elle agissait comme si chacun de ses mouvements était une évidence. Grâce fluide acquise par l'expérience et l'entraînement. Cette assurance particulière qui était si propre à tous les Loups. Plus forte pour certains, plus discrète pour d'autres. Innée. Impossible à décrire pour ceux qui se contentaient de la regarder. Seuls ceux pour qui elle était une deuxième nature pouvaient réellement la comprendre. Une fois qu'elle eu atteint le point le plus haut, Emma alla s'asseoir à la limite entre le vent et la terre ferme, sur le rebord de l'éminence, laissant ses jambes se balancer distraitement dans le vide. Elle caressa vaguement le paysage du regard sans s'éloigner de la réalité. Attendant la suite. Renonçant à poser ses propres questions et choisissant d'attendre que lui pose les siennes.

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