AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Evasion ~ Nezu

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Leah Rain
Humain
avatar

Messages : 196
Messages rp : 2
Date d'inscription : 26/09/2010

Identification
Âge: 21
Statut: Neutre
Relations:

MessageSujet: Evasion ~ Nezu   Dim 9 Jan - 3:51


Les gonds rouillés de la grande porte de fer grincèrent, brisant le silence. Un mince rai de lumière filtra dans l'interstice, pâle rayon dans l'obscurité ambiante, puis disparut, effacé par un visage curieux. De grands yeux d'un bleu profond, une cascade de cheveux noirs, un sourire d'enfant... L'immense portail s'ouvrit, baignant la pièce d'une chaude couleur dorée dans laquelle dansaient mille grains de poussière, scintillant comme autant de minuscules diamants. Immobile, elle semblait hésiter, silhouette sombre auréolée du soleil de l'aube. Puis la scène disparut, et ce fut le néant.

~ Leah ouvrit les yeux. Elle avait le souffle court et une sueur froide coulait désagréablement dans son dos. Elle resta un moment ainsi, immobile dans l'obscurité, tâchant de calmer sa respiration et de se rappeler où elle était. Lentement, elle émergea de l'inconscience, et la jeune femme soupira lorsqu'elle reconnut sous elle la douceur de son matelas. Elle était bien dans son lit, chez elle. Cette pensée l'apaisa et elle tourna légèrement la tête vers la gauche. 05:12. Quel record ! Elle n'avait pas dépassé 4:45 depuis des mois. Leah ferma les yeux et frémit ; le même cauchemar la hantait depuis bien trois ans, mais elle aurait été bien incapable de se souvenir de quoi il retournait. Mais cette fois... quelque chose avait changé. Quelque chose dans la nature profonde de son rêve. Leah fronça les sourcils, tentant de mettre le doigt sur cette différence, mais rien n'y fit ; plus elle se concentrait et plus la sensation d'étrangeté lui échappait.

~ Elle soupira une nouvelle fois -de frustration, cette fois-, et quitta la douce chaleur de son lit, sachant pertinemment qu'elle ne se rendormirait pas. Elle retira sa nuisette et se dirigea vers la commode à tâtons, ouvrit un tiroir et choisit des sous-vêtements au hasard qu'elle enfila prestement, rapidement suivis d'un jean et d'un pull. Elle sortit de sa chambre en sautillant pour enfiler ses chaussettes et fila vers la salle de bain. Comme à son habitude, elle en sortit une poignée de minutes plus tard, pressée de sortir pour fuir les dernières traces de ses terreurs nocturnes et s'éclaircir les idées à grandes bouffées d'air frais. Elle passa ensuite dans la cuisine et attrapa une pomme sans s'arrêter, puis déboucha dans le salon, où elle saisit son sac de toile avant de s'engouffrer dans l'entrée. Là, elle enfila un manteau, passa son sac en bandoulière, y fourra la pomme, chaussa ses vieilles converses et sortit en claquant la porte derrière elle.

~ Tandis qu'elle dévalait les escaliers de son immeuble, l'évidence lui sauta aux yeux ; mais oui ! Lorsqu'elle s'était réveillée quelques minutes plus tôt, Leah n'avait ressenti aucune angoisse, aucune crainte, rien de ce qu'elle avait l'habitude d'éprouver chaque matin. Pas de doute ; son rêve avait changé de manière inexplicable, après trois années de récurrence. C'était à n'y rien comprendre. Elle secoua la tête, chassant une bonne fois pour toute la nuit de ses pensées, ouvrit grand la porte vitrée du hall et disparut à l'extérieur.

~ Il faisait agréablement doux pour la saison ; le ciel s'éclaircissait lentement à mesure que l'aube approchait, laissant présager une belle journée. Tout en marchant, Leah sortit de son sac un casque, qu'elle mit, ainsi qu'un iPod. Au feu, elle s'arrêta et appuya sur play, rangeant l'appareil dans une poche de sa veste. Instantanément, la musique envahit son esprit, la coupant du reste du monde. Elle ferma les yeux un instant, appréciant la sensation d'être dans une sorte de bulle, isolée et en même temps en plein cœur de la ville endormie. Le feu passa au vert et elle traversa puis, une fois de l'autre côté, Leah se déconnecta de ses jambes, leur laissant plein contrôle, et observa le monde comme elle seule savait le faire. Elle vit la ville se parer de mille couleurs sous la timide lueur du jour, elle vit les gens sortir de chez eux encore gris de sommeil, elle vit aussi le calme devenir bruit, comme la surface lisse d'un lac se ride sous la brise. Elle vit la lumière chasser l'ombre, sentit sa peau pâle tiédir sous les rayons du soleil et huma dans l'air un délicieux parfum de croissant sorti du four. Tous ces petits détails se gravaient en elle, indélébiles, et renaissaient au bout de ses doigts lorsqu'elle maniait le crayon, le pastel, le fusain ou l'aquarelle, mêlés à son imagination sans limites.

~ Leah ne sortit de sa rêverie que bien plus tard, tandis qu'elle s'amusait à marcher au rythme des chansons qu'elle écoutait sous le regard étonné des rares passants. Elle longeait depuis un bon moment déjà une série de hangars sombres et visiblement abandonnés depuis des lustres lorsque l'un d'eux, pourtant en aucun cas différent des autres, attira son attention. Elle ralentit le pas et ôta son casque, levant les yeux pour tenter d'apercevoir le sommet de cette énorme construction. En vain. La jeune femme finit par s'arrêter en face de l'immense porte de métal rouillé et une étrange impression de déjà-vu s'insinua dans son esprit. Pourtant, il était rare qu'elle s'égare jusqu'à la zone industrielle... Puis, soudain, Leah éprouva l'irrépressible envie d'entrer ; l'entrepôt exerçait sur elle une sorte d'attraction malsaine, comme s'il avait prit vie sous le regard fasciné de l'humaine. Elle frémit et déposa une main hésitante sur la poignée ; celle-ci semblait vibrer au rythme des battements de son cœur. Lentement, elle ouvrit la porte...

~ ... et se retrouva nez-à-nez avec le néant. Seul un rai de lumière troublait les ténèbres épaisses, et il s'y perdait sans dévoiler le moindre détail de l'intérieur du hangar. C'est alors que Leah remarqua le silence ; lourd, profond, presque palpable. Inconsciemment, elle retint son souffle puis, au bout d'une interminable minute, poussa les battants de la grosse porte de fer vers l'intérieur, dans un fracas de ferraille et de grincements. Tandis que la jeune femme, émerveillée par ce que la lumière lui révélait, avançait doucement, un immense essaim de papillons de nuit prit son envol et passa juste au-dessus de sa tête, attirés par le jour comme un drogué par l'héroïne. Elle les regarda disparaître au loin, petits être gris sur l'azur du ciel de midi. Puis, un étrange scintillement accrocha son regard et elle baissa les yeux. A ses pieds gisait un minuscule papillon, ses ailes déchirées du même bleu saphir que ses yeux. Émue, Leah se baissa et le recueillit avec précaution dans ses mains. Elle se releva et, absorbée dans la contemplation des reflets du soleil jouant sur le petit papillon, elle n'entendit pas les bruits de pas qui se rapprochaient.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nezu
Hybride
avatar

Messages : 24
Messages rp : 4
Date d'inscription : 26/09/2010

Identification
Âge: Deux cent quarante-six
Statut: Errant
Relations:

MessageSujet: Re: Evasion ~ Nezu   Mer 2 Fév - 20:22


Qu'était-ce donc ?
Un gond. Un écrou. Un engrenage, sali par la rouille, tâché par le temps. Qu'actionnait-il ? Curieux, le loup s'approcha, et, de ses frêles mains, arracha une poulie. Puis, glissant ses doigts entre les coches, il fit pivoter la roue la plus proche, observant. Un cliquetis irrégulier se fit entendre, suivit d'un bruit métallique. Il ôta sa patte du cache et regarda un instant ses doigts couverts de suif ; mais peu l'importait. Amusé et fureteur, l'animal appuya sur la paroi de métal pour la faire tourner. Il fit craquer ses doigts et pénétra dans le bloc.

Après quelques secondes d'un silence pesant, qui n'en était pas vraiment un dans la tête de la bête, il finit par s'acclimater à la pénombre. L'entrepôt était empli de caisses, en bois, dont une vague odeur de pourriture se dégageait. Peut-être que le caisson avait été transporté en mer, et les boites avaient prit l'eau. Peut-être qu'elles moisissaient ici depuis longtemps. Trop longtemps. Il s'approcha d'un coffre et laissa glisser ses doigts dessus. Puis il se pencha un peu et avisa les angles. Quelques plans de bois cloués avec rapidité. Il introduit ses ongles sous la tête du clou et l'agrippa, et le tira à lui. Même s'il cru un moment que son ongle allait lâcher, il finit par réussir à crocheter le clou, et s'en servit pour enlever un autre. Puis il arracha lui même le reste de la planche, et se pencha au dessus de la caisse.

La première chose qu'il remarqua était son double fond. Peut-être que son esprit était tordu au point de chercher les choses improbables en premier, peut-être qu'il était simplement flagrant. A première vue, donc, pour peu que ce soit une vue normale, il n'y avait rien dans la caisse, hormis poussière et champignons. Comme elle était grande, le loup entra dans la boite, à la recherche du mécanisme pouvant ouvrir le double fond. Mais il n'en trouvait pas : à croire qu'il n'y en avait pas. Alors, peu patient, il sauta hors d'elle, comme un démon à ressort. Il avait abandonné l'idée de mécanisme à l'intérieur de la boite, mais en aucun cas il n'oubliait le mystère qu'elle contenait. Alors il la retourna, et se servit des clous ôtés précédemment pour attaquer la boite par l'autre côté.
Peu de temps après, il ressorti du bloc et s'étira. Finalement, il n'y avait rien du tout dans cette boite. Mais il y avait bien eu un double fond, et ça suffisait au bonheur de l'hybride.


Soigneux, il s'essuya les mains sur le haut de son pantalon, et avisa la lune. La nuit s'achevait. Et lui, il était bien parti pour ne pas dormir. Bah, il avait bien dormi la nuit dernière, ça compensait !
Un grand bruit le fit sortir de ses vagues calculs se sommeil. Un bruit métallique, sûrement le même qu'il avait déclenché toute à l'heure en entrant dans un hangar. Attiré, il tourna la tête vers la source du bruit, et analysa. Mais ses pensées furent troublées. De la porte du contenair s'échappait une myriade de papaillons. Grisâtres, bleutés, les insectes fuyaient ; spectacle d'une beauté innommable. Nezu les contempla un instant, sans bouger, sans parler. Puis, lorsque tous les papaillons furent parti, éparpillés dans le ciel, il pencha légèrement la tête.
Il resta coi un instant, puis cligna des yeux, et, lentement, s'approcha du bâtiment magique. Il glissa ses mains sur le côté du seuil et regarda à l'intérieur, sa tête dépassant à peine jusqu'au niveau de ses yeux. Il vit Leah, mais ne la reconnu pas de suite : il du attendre que son flair opère pour identifier son odeur. Là seulement, son esprit fit le lien. Ce qu'il avait sous les yeux, l'inconnue, n'était autre que sa voisine.

Toujours charmé par ce qu'il venait de voir, il avança jusqu'à elle, avec une démarche anormalement normale. Il arriva derrière elle, et, avec une discrétion à laquelle il ne pensait même plus, passa sa tête à côté de la sienne, par dessus son épaule. Parti pour regarder son visage, ses yeux rivèrent sur le papaillon. Comme attendri, il pencha légèrement la tête, puis expira. Il ne prit pas la peine de saluer sa voisine : elle remarquerait très bien sa présence toute seule.
Absorbé par l'insecte, il en oublia la jeune humaine.
Pauvre bête.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Evasion ~ Nezu

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

+
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Coalition :: La Ville :: Zone industrielle :: Entrepôts-
Sauter vers: